A propos de la vapeur

La vapeur du vapotage est elle un facteur de contamination? Vaper n'est pas tousser!

Vape et COVID 19 (6)

La vapeur expirée comme voie possible de propagation du SRAS-Co-V2?

 

Un moyen d’infection du virus du SRAS-Co-V2 théoriquement préoccupante est la respiration d’aérosol environnemental (c.-à-d. «vapeur») expiré par les vapoteurs.

Cette vapeur expirée peut-elle propager le SARS-CoV-2? Comme l’a déclaré Rosanna O’Connor, directrice du Tobacco

Alcohol and Drugs of Public Health England  (Tabac Alcool et Drogue de la Santé Publique d’Angleterre)[26], il n’existe actuellement aucune preuve de contagion par la vapeur expirée des utilisateurs de cigarettes électroniques. Le professeur Neil Benowitz de l’Université de Californie à San Francisco [27] a déclaré que:

Je crois comprendre que la vapeur de cigarette électronique expirée est constituée de très petites particules d’eau, de propylène glycol et de glycérine et de produits chimiques aromatiques, pas des gouttelettes de salive. L’aérosol de vapotage s’évapore très rapidement, tandis que les particules émises lors de la toux ou des éternuements sont de grosses particules qui persistent dans l’air pendant une période de temps relativement longue. Ainsi, je ne pense pas que les vapoteurs présentent un quelconque risque de propagation du COVID-19, sauf s’ils toussent en expirant la vapeur.

 

Contrairement à ces déclarations, le microbiologiste écossais Tom McLean, chef scientifique conseiller du Groupe Nanotera, a affirmé [28] que la vapeur expirée peut propager le virus, comparant même l’exposition à la vapeur expirée comme être «cracher au visage». Comme nous le montrons ci-dessous, les déclarations de McLean sont complètement erronées alors que le professeur Benowitz a raison (bien que sa description de la contagion par gouttelettes d’aérosol soit trop simplifiée).

La contagion aérienne du SRAS-CoV-2 peut se produire par une exposition au virus associée à deux types de bioaérosols aériens [29]: (1) la transmission de grosses gouttelettes de salive par le souffle expiré d’une personne infectée suffisamment proche [30] et (2) la transmission à plus grande distance de petites gouttelettes flottantes ou des noyaux de gouttelettes (résidus solides de 5 à 10 microns contenant les agents pathogènes qui se produisent lorsque les gouttelettes s’évaporent) lorsque la personne infectée éternue ou tousse [31,32]. La vapeur expirée d’un vapoteur infecté est un aérosol non biologique potentiellement porteur d’agents pathogènes, car il est contraint d’amener dans l’environnement des gouttelettes flottantes produites par la pulvérisation de sécrétions dans le système respiratoire du vapoteur [30]. Le taux de transmission du virus dépend fortement de la dynamique du flux d’air des différents aérosols.

La respiration sédentaire normale est un flux presque laminaire dans les voies respiratoires supérieures [29], donnant lieu à un écoulement turbulent à faible vitesse lorsqu’il est expiré par le nez ou la bouche [33]. Il répand très peu de gouttelettes de salive (environ 1 gouttelette par centimètre cube chez des sujets sains) dont la taille culmine à 1 micron mais croît avec la coagulation hygroscopique, avec des gouttelettes inférieures à 5 microns s’évaporant rapidement. Les gouttelettes sont transportées sur de faibles distances dans la zone de respiration personnelle [30,33].

En revanche, l’éternuement est un écoulement turbulent explosif à multiples phases, très rapide dont la dynamique est assez élaborée [31,32]: il peut propager jusqu’à des millions de gouttelettes retombant généralement au sol à 2 mètres mais de plus petites gouttelettes ou noyaux de gouttelettes restent flottants pendant de longues périodes et voyagent éventuellement par diffusion et ce jusqu’à 6-8 mètres (même vers le haut par convection flottante). La toux est aussi un flux turbulent explosif qui peut propager des milliers de gouttelettes.

La vapeur expirée est un aérosol dilué composé presque exclusivement de « particules »(gouttelettes de propylène glycol et de glycérol PG / VG) très légères et rapides, suspendus dans un milieu gazeux pratiquement de la même composition chimique. Comme la plupart des aérosols inhalés sont absorbés et que l’expiration privilégie les gouttelettes hyperfines, leurs diamètres moyens sont compris entre 100 et 300 nm [34,35] (un nanomètre nm vaut 1 milliardième de mètre) et ils s’évaporent très rapidement (20 secondes par bouffée). Le gaz est sursaturé et l’aérosol entier (gaz et gouttelettes) se disperse complètement en moins de 2-3 minutes avec quelques gouttelettes affectant les murs ou tombant au sol.

Des expériences en chambre révèlent que le nuage expiré ne transporte pas les gouttelettes sur les grandes distances: à 1,5 mètre de la source d’expiration, ils sont à peine détectables, dont la densité numérique de leurs particules est presque impossible à distinguer des valeurs de fond de toutes les tailles de particules (particules microscopiques, PM2,5 et PM10). Pour les appareils de faible puissance, cette distance est susceptible d’être inférieure à 1 mètre.

Le débit associé à la vapeur expirée (ou à la fumée) est comparable à celui d’un léger soufflage d’air ou à une respiration buccale, caractérisée par des vitesses légèrement plus grandes que la respiration par le nez, mais beaucoup plus lente que la toux ou les éternuements [30,33,36]. Un vapoteur infecté exhale autant de gouttelettes de salive que ces mécanismes d’expiration à faible vitesse, mais leur nombre est bien inférieur à celui des gouttelettes de PG / VG  rapidement évaporées de l’aérosol d’e-cigarette. En conséquence, les gouttelettes de salive ont un effet négligeable sur la dynamique des flux même s’ils connaissent une croissance hygroscopique et des plus petites gouttelettes s’évaporent mais que leurs noyaux flottent pendant des périodes beaucoup plus longues. Étant donné que le nuage de gouttelettes de PG / VG de vapeur expirée sont à peine détectables à 1,5 mètre (moins pour les appareils de faible puissance), il est extrêmement peu probable que les quelques agents pathogènes contenant des gouttelettes de salive entraînés par le flux expiré par un vapoteur infecté, serait transporté jusqu’à ces distances même si ils continuent de flotter. En revanche, les éternuements et la toux sont capables de transporter sur de longues distances un grand nombre d’agents pathogènes en suspension dans l’air.

Cependant, la fréquence de vapotage doit être considérée en plus de la différence entre la dynamique des aérosols impliqués. Un vapoteur infecté va propager dans l’environnement très peu de virus (quelques gouttelettes par expiration [30]) et seulement quand il / elle vapote (typiquement 200 fois par jour), alors qu’une respiration normale par toute personne (vapoteur ou non) implique un flux d’une quantité similaire de virus mais livré constamment. La toux et les éternuements sont également des flux de virus intermittents, mais cela répand en grand nombre le virus uniquement à chaque expiration. En réalité, le souffle est un facteur de contagion beaucoup plus grave que ces événements intermittents explosifs : deux heures de respiration normale répandent plus de gouttelettes que de tousser 100 fois [36]. Paradoxalement, un vapoteur infecté propage beaucoup plus de virus de par sa respiration régulière que de son vapotage.

De toute évidence, Rosanna O’Connor et le professeur Benowitz ont raison: la vapeur expirée comme risque de contagion du SRAS-CoV-2 ne nécessite pas de mesures de protection plus strictes que celles envisagées pour les non-vapoteurs.

La dynamique des flux associée suggère que le maintien de la même «séparation sociale» de 1,5 à 2 mètres de distance recommandée pour les non-vapoteurs devrait empêcher toute contagion venant d’un vapoteur infecté. La dynamique d’aérosol corrobore pleinement l’erreur du microbiologiste Tom McLean: le risque de contagion provenant de la vapeur est loin d’être comparable à distance au risque de contagion par les éternuements ou la toux.

Traduit par Barbara L. source Vape & COVID19

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