E liquides et Sars-Cov 2

Le propylène glycol, agent protecteur?

Vape et Covid-19 (5)

Il est également important de souligner qu’il ne peut pas y avoir de contagion du virus du SRAS-CoV-2 par les e-liquides contenant le virus. La capacité de survie du coronavirus SRAS dans les environnements semble être relativement forte, mais les études montrent une instabilité thermique à 56ºC [19]. Des agents pathogènes ont été détectés dans les e-liquides, toutefois, la contagion du virus du SRAS-CoV-2 ou de tout autre pathogène est impossible par ce moyen, étant donné qu’aucun agent pathogène ne peut survivre à des températures de 180 à 220 ºC  générées dans les aérosols d’e-liquides (ils cessent de fonctionner car les macromolécules se fragmentent en raison de la température).

Propylène glycol comme désinfectant

 

Il a été mentionné dans les réseaux sociaux que le vapotage pouvait être protecteur en comparaison au tabagisme concernant les risques d’infection du COVID-19 [20], montrant des expériences menées dans les années 40 dans lesquelles la vapeur de propylène glycol (PG) a été utilisée comme désinfectant environnemental éliminant des agents pathogènes dans les hôpitaux, les casernes militaires et autres lieux. La procédure expérimentale était la suivante [21,22]:

Dans une chambre d’essai, des agents pathogènes (bactéries) ont été introduits dans des gouttelettes aqueuses provenant de cultures vaporisées (le contrôle étant une chambre avec des agents pathogènes sans aérosol PG). L’aérosol de PG ou la vapeur de PG est ensuite généré en continu dans la chambre d’essai avec un ventilateur qui la disperse uniformément.

Des tests ont été effectués avec un éventail de différentes de températures ambiantes et des niveaux d’humidité relatifs et avec diverses procédures afin de collecter les bactéries. Les gouttelettes de PG s’évaporent rapidement avec l’aérosol, libérant une vapeur de PG comprenant des concentrations comprises entre 0,05 et 0,66 ppm ou 200 à 3000 µg / m3 (microgrammes par mètre cube). L’effet nettoyant était plus efficace à des températures plus basses (entre 15-37 degrés Celsius) et sous des niveaux d’humidité relatifs intermédiaires (entre 27% et 91%, culminant à environ 42%), bien que l’effet de nettoyage soit encore possible (bien que plus lent) à une humidité relative faible (10%) avec une concentration de vapeur de PG suffisamment élevée.

La propriété physique expliquant cet effet [23] est la nature hygroscopique de la vapeur de PG (pas les gouttelettes d’aérosol). Lorsque les gouttelettes de PG s’évaporent en dessous de la saturation de l’air, elles libèrent des molécules de vapeur de PG se dispersant à des vitesses élevées et (en raison de l’hygroscopicité) ces molécules se condensent (rapide accrétion) dans les gouttelettes aqueuses contenant les agents pathogènes. Ces derniers sont éliminés par de nombreuses collisions rapides avec les molécules de PG accrétées une fois que celles-ci s’accumulent pour former 70 à 80% de la masse de gouttelettes. Cet effet n’est plus efficace dans les deux extrêmes du taux d’humidité: à 0% d’humidité relative les gouttelettes s’évaporent très rapidement et à près de 100% d’humidité relative, elles se condensent, conduisant à un état stationnaire qui limite la vapeur de PG disponible (voir [23] pour plus de détails).

Il est difficile de relier ces expériences hautement contrôlées et idéalisées aux expériences erratiques et aux conditions variables du vapotage. Premièrement, dans ces expériences le PG pur (sous forme d’aérosol ou de vapeur) a été fourni en continu et réparti uniformément, tandis que lors du vapotage, l’aérosol est un mélange de PG et d’autres composés (glycérol, VG, nicotine, avec des concentrations résiduelles dont principalement des aldéhydes), il est dispersé dans l’air ambiant (lorsqu’il est inhalé ou expiré) par intermittence lors des bouffées et se propage de manière inégale.

Deuxièmement, les concentrations de PG dans le vapotage sont très variables et évoluent rapidement avec le temps et la position. Tandis que les concentrations de PG dans les expériences pourraient correspondre à celles de vapeur inhalée, cet effet désinfectant est peu susceptible de se produire à l’intérieur des voies respiratoires dans lesquelles l’humidité relative est proche de 100%. L’aérosol de vapotage expiré dans l’environnement pourrait mieux s’approcher des conditions expérimentales: les gouttelettes de PG / VG s’évaporent rapidement, libérant ainsi des molécules de vapeur de PG, tandis que des niveaux d’humidité relative de 40 à 70% ne sont pas irréalistes, mais les concentrations de vapeur de PG peuvent être trop faibles (les études en chambre montrent environ 200 µg / m3 (microgrammes par mètre cube) [24,25] la limite inférieure de concentration dans les expériences de [21,22]).

De plus, compte tenu de la réduction observée des infections respiratoires chez les utilisateurs de cigarettes électroniques [4,6,7], il est possible de supposer qu’au moins dans certaines occasions, les conditions environnementales permettant cet effet aurait pu se produire lors du vapotage. Les expériences de purification de l’air menées dans les années 40 impliquées uniquement les bactéries et le virus de la grippe, il n’existe aucun moyen, sans preuves expérimentales, d’inférer si cela pourrait arriver avec le SARSCoV-2 et dans les conditions environnementales fourni par l’aérosol de la cigarette électronique.

De nombreux virus (et il existe de nombreuses variations à ce niveau) ne peuvent survivre longtemps en dehors de l’enveloppe protectrice d’un milieu humide (les gouttelettes de salive) ou à l’extérieur de leur cellule hôte dans les tissus du corps.

Cependant, on ne sait pas si c’est le cas également pour le SRAS-CoV-2.

adminSI2V

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