Covid 19 et les fumeurs

A propos de la cigarette...(vaper n'est pas fumer)

Vape et covid-19 (3)

La relation entre le tabagisme et la progression vers des conditions sévères du COVID-19 est toujours incertaine, bien que les conditions de vulnérabilité identifiées pour cette augmentation ( maladies cardio-vasculaires et respiratoires, diabète) chez la plupart des patients agés sont fortement corrélés avec les méfaits causés par le tabagisme de longue date.  Cependant, des données d’études actuelles Chinoises et Américaines observées, révèlent de manière inattendue de faibles taux de fumeurs parmi les patients atteints du COVID-19 (même dans un état grave). Plus de recherches sont nécessaires sur ce sujet.

Une bonne référence passant en revue les preuves disponibles sur la relation entre le tabagisme, le vapotage et le COVID19 est l’article écrit par Farsalinos, Barbouni et Niaura (la première version date du 23 mars [12], voir aussi l’article du blog professionnel de Farsalinos [13]). Les auteurs ont révisé les données de cinq études disponibles à l’époque sur des patients infectés par le SRAS-CoV-2, concluant que la relation entre le tabagisme et la gravité du COVID-19 chez les patients chinois infectés était incertaine, étant donné que les fumeurs étaient sous-représentés parmi les patients (pour remettre cela dans le contexte: 52,1% des hommes chinois fumaient contre seulement 2,7% des femmes).

  • Dans son blog, Farsalinos a examiné plus en détail les données de l’étude avec le plus grand échantillon à l’époque [14]: 1096 patients, dont seulement 12,5% étaient des fumeurs actuels (1,9% d’anciens fumeurs) qui (comme dans les autres études) est une proportion beaucoup plus faible que celle trouvée dans la population compte tenu que 58,1% des individus étaient des hommes et quasiment 100% plus âgés que 15 ans (pour être représentatif de la population nous nous attendons à ce que la proportion de fumeurs dans l’échantillon soit de 29%). Sur les 1096 patients:
    • 926 ont été signalés sans affectation grave (11,8% de fumeurs)
    • 173 cas graves d’affection ont été signalés (11,8% de fumeurs)
    • 67 ont été signalés en situation critique avec soins intensifs, ventilation mécanique ou sont décédés (25,8% les fumeurs)

Ces chiffres montrent une proportion plus élevée de fumeurs parmi ceux qui ont des résultats graves, mais toujours inférieure par rapport à la population chinoise en général compte tenu de la forte prévalence du tabagisme chez les hommes chinois.

De toute évidence, le tabagisme contribue aux conditions de vulnérabilité identifiées, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète ou les maladies pulmonaires chroniques, mais néanmoins les fumeurs étaient sous-représentés.

Cependant, davantage d’informations et d’autres études ont émergé progressivement (voir par exemple [15]) et à vrai dire, les données conduisent apparemment à des résultats surprenants. Dans la dernière mise à jour (datée du 29 mars) de Farsalinos, Barbouni et Niaura [16], les auteurs concluent que les résultats «ne soutiennent pas l’argument selon lequel le tabagisme est un facteur de risque d’hospitalisation pour le COVID-19 et pourrait même suggérer un rôle protecteur». Ce résultat inattendu pourrait être lié à la «réduction de l’ACE2 qui était auparavant connu pour être causé par le tabagisme ».

L’ACE2 est un récepteur que le SARS-CoV-2 identifie à la surface cellulaire en agissant comme un mécanisme de clé et de verrou pour entrer dans la cellule et l’infecter. Ainsi, une plus faible présence d’ACE2 («le verrou») à la surface des cellules pourrait, à première vue, sembler être un avantage. Cependant, des études montrent que l’ACE2 est également impliqué dans les mécanismes de protection du poumon. Il peut protéger contre les lésions pulmonaires graves provoquées par les infections virales des voies respiratoires observées chez des modèles expérimentaux de souris et chez des patients pédiatriques. L’ACE2 protège également contre des lésions pulmonaires aiguës sévères pouvant être déclenchées par une septicémie, le syndrome de Mendelson, le SRAS et l’infection létale du virus de la grippe A H5N1 [17]. Par conséquent, la faible expression de l’ACE2 pourrait d’une part protéger contre l’infection en ayant moins de récepteurs viraux présents («verrous»), mais d’autre part elle pourrait être nuisible en diminuant la capacité de protection du poumon.

D’autres résultats paradoxaux comme ceux trouvés en Chine sont également apparus dans les données récentes des Centres de Contrôle et Prévention des Maladies (CDC) aux États-Unis [18]. Parmi 7 074 patients atteints du COVID-19 dont les données médicales étaient complètes, seulement 96 (1,3%) étaient des fumeurs et seulement 165 (2,3%) étaient d’anciens fumeurs. Ces pourcentages étaient bien inférieurs aux chiffres auxquels on pouvait s’attendre compte tenu de la prévalence d’actuels et d’anciens fumeurs aux États-Unis : 13,8% et 22% respectivement (2018).

Comme le montre ce résumé, la relation entre le tabagisme et le COVID-19 est encore incertaine et toutes les déclarations sur cette question sont prématurées. Davantage de données et des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour établir avec certitude comment les anciens et actuels fumeurs peuvent être affectés par le développement du COVID-19. En effet, comme indiqué dans la lettre signée par des experts envoyée à la FDA [10]:

«D’autres facteurs aggravants doivent être pris en considération et l’exactitude des statuts des fumeurs enregistrés doit être déterminée avant de tirer des conclusions définitives. En conséquence, les conseils généralisés sur l’arrêt du tabac comme mesure concernant les risques pour la santé restent valables, mais aucune recommandation ne peut être actuellement faite sur les effets du tabagisme concernant le risque d’hospitalisation pour COVID-19 ».

Traduit par Barbara L. source : Vaping & COVID 19

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