La pandémie de désinformation

La diffusion de la pandémie du SARS-CoV-2 a créé un sol fertile pour répandre de fausses informations sur la vape. Les vapoteurs doivent recevoir de solides informations et données pour lutter contre cela.

Vape et covid-19 (2)

Malheureusement, la propagation de la pandémie de SRAS-CoV-2 fait suite à des années de pandémie de grave désinformation sur le vapotage. L’un des principaux fers de lance de cette désinformation est sans aucun doute le Professeur Stanton Glantz de l’Université de Californie à San Francisco. Dans son blog professionnel [1] le Professeur Glantz met carrément sur un pied d’égalité le vapotage et le tabagisme comme étant tous deux des facteurs de risque progression du COVID-19. Plus précisément, Glantz justifie cette évaluation en déclarant que:

 

Le récent ‘excellent résumé’ sur les effets pulmonaires en lien avec les cigarettes électroniques dénonce plusieurs façons dont les cigarettes électroniques altèrent la capacité des poumons à lutter contre les infections

Une déclaration suivie d’une liste de litanie sur les effets indésirables du vapotage concernant les infections respiratoires, tous pris à partir d’études examinées dans la revue de Gotts et al [2] («l’excellent résumé»). Malgré le fait que la revue populaire Scientific American reconnaît que le risque d’infection virale chez les vapoteurs n’a pas été beaucoup étudié [3], il a cité Glantz et a également réutilisé certains résultats rapportés par Gotts et al.

La revue de Gotts et al, dont Glantz et Scientific American prennent comme source, est extrêmement superficielle, biaisée et sélective, elle ne cite sans critique que des études faisant état d’effets indésirables, tout cela n’étant soit que des effets aigus/temporaires sans pertinence clinique ou des études transversales basées sur de petits échantillons de vapoteurs dont les importants effets liés aux antécédents de tabagisme n’ont pas été traité correctement (voir la critique de ces études dans une revue beaucoup plus équilibrée et approfondie sur les effets respiratoires du vapotage par Polosa et al [4]). De plus, Gotts et al (et Glantz les citant) interprètent les résultats de manière très sélective. Un exemple représentatif de leur mode de fonctionnement est fourni par leur évaluation des résultats obtenus par l’une des études révisées de Saudt et al [5]. D’après la citation exacte de Glantz Gotts et al :

Des non-fumeurs en bonne santé ont été exposés à un aérosol de cigarette électronique et un lavage broncho-alvéolaire a été effectué afin d’étudier les macrophages alvéolaires. L’expression de plus de 60 gènes dans les macrophages alvéolaires chez les utilisateurs d’e-cigarettes deux heures après seulement 20 bouffées, y compris les gènes impliqués dans l’inflammation.

 

Curieusement, Gotts et al et Glantz omettent de mentionner que les effets examinés [5] étaient aigus/temporaires et que la même étude rapporte qu’«aucun changement significatif des paramètres cliniques n’a été observé». Gotts et al et Glantz omettent également de mentionner des preuves pointant dans la direction opposée : comme indiqué par plusieurs études examinées par Polosa et al [4], l’utilisation de cigarettes électroniques réduit en fait la présence des agents pathogènes et des infections respiratoires. Une diminution significative des infections respiratoires chez les utilisateurs d’e-cigarettes a également été rapportée à partir d’un essai contrôlé et randomisé de grande envergure concernant la cessation d’usage de tabac [6], résultats basés sur une observation clinique de 12 mois sur un large échantillon de sujets. Ce résultat (et des résultats similaires dans d’autres essais randomisés examinés [7]) sont des observations réelles des résultats plus pertinents pour évaluer la réponse immunitaire possible des vapoteurs dans le contexte de COVID-19 que les effets aigus néfastes dans les études de laboratoire idéalisées rapportés de manière non objective par Gotts et al. [2] et réutilisé par Glantz et Scientific American.

Le professeur Glantz est peut-être le fer de lance le plus loquace, mais il est loin d’être le seul membre universitaire dans ce large activisme anti-vapotage des États-Unis, qui présente dorénavant un lien entre le vapotage et la pandémie du SRAS-CoV-2 aux travers d’évaluations d’analyses très biaisées comme celui de Gotts et al, en confondant avec négligence les risques de vapoter et de fumer et ignorant toutes les preuves contraires ou critiques. Il est réellement malheureux que le milieu universitaire, les politiciens et les médias aux États-Unis soient majoritairement alimentés par ce flux constant de désinformation, comme on peut le voir dans les déclarations du maire de New York City, Bill de Blasio [8], et par divers médias [9].

Comme prévu, la désinformation décrite ci-dessus se propage davantage. Malgré le manque de preuves tangibles, l’agence de presse Bloomberg [10] présente un e-mail reçu de Michael Felberbaum, un porte-parole de la Food and Drug Administration (FDA), déclarant explicitement que «les cigarettes électroniques peuvent endommager les cellules pulmonaires», ajoutant que les personnes qui vapotent (comme celles qui fument) «peuvent avoir un risque accru de complications graves lié au COVID-19 ». Il cite également le Dr Nora Volkow, directrice de l’Institut National de Toxicomanie (NIDA), déclarant que le coronavirus pourrait être tout particulièrement une menace sérieuse pour ceux qui vapotent et fument du tabac ou de la marijuana. Cet article médiatique atteint une portée mondiale au même titre que les déclarations trompeuses exprimées par Glantz, et dont aucune d’entre elles n’ont de rapport avec les données existantes. En réaction à cette désinformation, une lettre signée par 13 autorités scientifiques internationales a été envoyée à la FDA pour exprimer leur profonde préoccupation à ce sujet [11]:

Il est probable que de nombreux vapoteurs âgés auront des conditions sous-jacentes qui augmentent leur vulnérabilité et la probabilité d’avoir des symptômes graves ou mortels du COVID-19. C’est parce que beaucoup sont d’anciens ou  d’actuels fumeurs causant des dommages à leur système cardiovasculaire et respiratoire systèmes après de nombreuses années de tabagisme. Beaucoup vont vapoter expressément dans le but de réduire les risques liés au tabagisme et / ou soulager leurs symptômes. Il est donc particulièrement important de conseiller avec soin ce groupe. Sur quoi se base la FDA pour être convaincue qu’il est correct de décourager les personnes souffrant de problèmes sous-jacents liés au tabagisme de vapoter à un temps comme celui ci, étant donné que l’alternative probable pour beaucoup est alors un retour au tabagisme? Quel est le raisonnement basé sur des preuves rationnelles  pour inciter les fumeurs adultes à ne pas vapoter et que c’est approprié pour la protection de la santé publique, qui plus est pendant cette crise du COVID-19? Nous ne connaissons aucune preuve informative sur le vapotage et le COVD-19 et les preuves sur le tabagisme et le COVID-19 sont peu concluantes et contradictoires.

Traduit par Barbara L. source : Vaping&Covid 19

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